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Cacao au Cameroun : produire et mieux vendre dans le Centre

Cacao dans le Centre du Cameroun : agroforesterie, entretien, fermentation, séchage, qualité des lots et chiffres des campagnes ONCC.

Par la rédaction ZARI AGRI · · Environ 6 min de lecture

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Illustration d’un producteur inspectant des cabosses de cacao dans une agroforêt camerounaise
Conduire les cacaoyers en tenant compte des arbres associés. Illustration générée par IA pour ZARI ; elle ne représente pas une exploitation identifiée.

Dans le Centre du Cameroun, le cacao associe savoir-faire paysan, systèmes agroforestiers et réseaux de collecte. Pour améliorer le revenu, produire davantage de cabosses ne suffit pas : il faut préserver les arbres, réduire les maladies et livrer des fèves correctement fermentées et séchées.

Le Centre, un territoire majeur pour la cacaoculture

L’ONCC présente la région du Centre comme la première zone de commercialisation dans son bilan de la campagne 2025-2026. [1] Sa’a figure aussi dans les bassins étudiés par le CIRAD et le CICC pour caractériser les cacaoyères agroforestières. Leurs travaux montrent des systèmes différents selon les territoires, avec des fonctions productives, fruitières et forestières variables. [2]

Pour un projet agricole, raisonner à l’échelle de la parcelle : âge des cacaoyers, état sanitaire, ombrage, sol, accès à la main-d’œuvre et chemin jusqu’au point de collecte. Pour un achat, connaître le département et la coopérative aide à organiser les prélèvements et le transport ; le nom de la région ne remplace pas la traçabilité du lot.

Deux campagnes, deux niveaux de commercialisation

Production nationale commercialisée publiée par l’ONCC
CampagneVolume nationalLecture
2024-2025Environ 309 518 tNiveau record annoncé pour cette campagne
2025-2026Environ 247 914 tRecul d’environ 19,9 % par rapport à la précédente

Sources : bilans ONCC 2024-2025 et 2025-2026. [1] [3] Ces volumes nationaux commercialisés ne sont pas le rendement du Centre, ni la production d’une coopérative. Le recul rappelle l’intérêt de tester la solidité d’un budget avec un scénario défavorable. Il ne permet pas, à lui seul, d’attribuer toutes les pertes à une seule maladie.

Améliorer une cacaoyère existante avant d’agrandir

Faire un inventaire simple : arbres productifs, manquants, dépérissants, zones trop ombragées et accès difficiles. Organiser la réhabilitation par blocs afin de conserver une partie du revenu pendant le renouvellement. Acheter des plants auprès d’une source technique reconnue et garder les références des lots ; la SODECAO intervient notamment dans l’encadrement et la production de matériel végétal. [4]

Pour une nouvelle implantation, sécuriser le droit d’usage, vérifier l’historique de la parcelle et privilégier les terres agricoles adaptées. Ne pas assimiler la création d’une plantation à une autorisation de défricher une forêt. L’agroforesterie peut combiner cacaoyers et arbres associés, mais le choix des espèces et de la densité doit répondre au sol, à la lumière et aux objectifs du producteur. Les travaux du CIRAD soulignent la diversité des systèmes camerounais plutôt qu’un modèle unique. [2]

Exemple de calcul, pas une recommandation universelle : un quadrillage de 3 m × 3 m représente environ 1 111 emplacements par hectare avant allées et autres arbres. Ce nombre ne doit pas devenir une obligation de plantation dans une agroforêt déjà constituée. La disposition réelle nécessite un diagnostic local.

Taille, ombrage et surveillance sanitaire

Programmer les travaux en fonction de l’état du verger et de la saison : accès aux arbres, suppression raisonnée des parties inutiles, gestion des rejets et entretien du sol sans blesser les racines. Un ombrage excessif et une mauvaise circulation de l’air compliquent la conduite ; une ouverture brutale expose aussi les arbres. Examiner le couvert avant chaque intervention importante.

La pourriture brune des cabosses fait partie des maladies visées par la lutte intégrée décrite par la SODECAO. [7] La rechercher lors des passages au champ. Séparer cabosses malades et cabosses destinées à la fermentation, demander un diagnostic et organiser l’assainissement avec le conseiller. La formation SODECAO comprend les bonnes pratiques de production et de post-récolte. [4] Ne pas choisir un traitement uniquement sur la couleur d’une photo. Si un produit est nécessaire, faire vérifier l’usage homologué au Cameroun, l’étiquette et les délais de sécurité.

Construire un calendrier à partir de la floraison et des pluies

L’ICCO rappelle que la récolte de cacao s’étale sur plusieurs mois avec des pics variables. [5] Le calendrier commercial d’une campagne ne correspond donc pas au même jour de récolte dans tous les villages. Pour le Centre, noter les floraisons, l’évolution des cabosses et les quantités récoltées semaine par semaine plutôt que promettre un volume sur la seule base de l’année précédente.

Avant chaque pic, vérifier les caisses de fermentation, les bâches ou couvertures du séchoir, les sacs et le magasin. Affecter une personne au suivi de chaque lot. Une pluie pendant la récolte ne doit pas conduire à mélanger des fèves à des stades différents pour remplir un camion.

La fermentation : construire la qualité dès l’écabossage

Récolter les cabosses mûres, éviter de blesser les fèves à l’ouverture et retirer les matières étrangères. Le Codex consacre un code de pratiques à la réduction de l’ochratoxine A dans le cacao : la qualité sanitaire dépend aussi de la conduite de la fermentation, du séchage et du stockage. [6]

La SODECAO cite une fermentation de six jours dans ses pratiques d’encadrement. Ce repère doit être intégré à un protocole local validé selon le matériel, la masse et le type de cacao. Enregistrer heure de démarrage, identification du lot et retournements prévus. La durée seule ne garantit pas une bonne fermentation. [4] Faire contrôler le résultat, notamment par un test de coupe selon la méthode de l’acheteur.

Illustration du retournement de fèves de cacao sur une table de séchage surélevée
La qualité commerciale se construit aussi pendant le séchage. Illustration générée par IA pour ZARI ; elle ne représente pas une exploitation identifiée.

Sécher sans fumée et éviter la reprise d’humidité

Après fermentation, étaler les fèves sur une surface propre, les retourner et les protéger de la pluie. L’ICCO indique une humidité d’environ 7,5 % comme repère pour le cacao sec. Le séchage doit aussi permettre le développement de la qualité ; brûler ou enfumer les fèves pour aller plus vite peut déclasser le lot. [5]

Le code Codex demande une bonne maîtrise des opérations pour limiter les conditions favorables aux moisissures. [6] Contrôler plusieurs prélèvements, laisser refroidir avant l’ensachage et conserver les sacs sur palettes dans un magasin sec, sans odeurs de carburant ou de produits chimiques. La capacité du séchoir doit correspondre au pic de fèves humides, pas seulement à la moyenne annuelle.

Rendement commercial et qualité : deux leviers à mesurer

Scénario pédagogique sur une tonne de fèves sèches obtenue
HypothèseRejets non vendablesPoids vendable
Premier fonctionnement supposé8 %, soit 80 kg920 kg
Post-récolte améliorée supposée3 %, soit 30 kg970 kg

Le gain calculé de 50 kg n’est pas une statistique nationale. Pour l’évaluer, multiplier par le prix net réellement proposé et retrancher le coût supplémentaire du travail et du matériel. Une prime de qualité doit être écrite et liée à une méthode de contrôle ; ne pas l’intégrer comme recette certaine sur la seule base d’une promesse orale.

Vendre un lot identifié et préparer les exigences du client

Comparer coopérative, acheteur agréé, transformateur local ou exportateur sur les mêmes paramètres : poids net, humidité, défauts, paiement, enlèvement et éventuelles retenues. Conserver les fiches de parcelles et de lots pour répondre aux demandes de traçabilité. Les exigences de destination évoluent ; obtenir la liste actuelle des documents auprès du client et des organismes compétents avant expédition.

Pour une annonce : région du Centre, localité, campagne, quantité de fèves sèches, protocole de fermentation, humidité mesurée, résultats de contrôle disponibles, emballage et conditions de remise. Une certification ne doit être annoncée que si elle couvre le lot concerné. Retrouvez les offres et demandes du pays sur la page ZARI Cameroun.

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Indiquez produit, origine, quantité disponible, qualité, emballage, lieu de remise et contact. La disponibilité des offres et les conditions commerciales se confirment avec chaque annonceur.

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Les repères techniques doivent être adaptés au terrain avec les services compétents. Les illustrations sont générées par IA et ne servent pas à diagnostiquer une maladie ni à attester un stock, une certification ou une exploitation réelle.

Sources et repères documentaires

Documents consultés le 22 octobre 2026. Les années et périmètres sont précisés dans le texte. Les exemples de budget, de rendement et de pertes sont des calculs pédagogiques, pas des statistiques locales.

  1. ONCC, bilan chiffré de la campagne cacaoyère 2025-2026 et dossier de lancement 2026-2027
  2. CIRAD et CICC, critères du cacao agroforestier camerounais, 13 janvier 2024
  3. ONCC, bilan de la campagne cacaoyère 2024-2025
  4. SODECAO, activités d’encadrement et bonnes pratiques après récolte
  5. ICCO, récolte et post-récolte du cacao
  6. Codex Alimentarius, CXP 72-2013, réduction de l’ochratoxine A dans le cacao
  7. SODECAO, lutte intégrée : prévention des maladies et ravageurs