ZARI AGRIBlog ZARI
Togo · Maïs · Guide pratique

Culture du maïs au Togo : semis, maladies et amélioration du rendement

Observation du maïs au champ pour repérer les dégâts
Image illustrative · ZARI AGRI

· ZARI AGRI

Pour améliorer la production de maïs au Togo, il faut agir sur l’ensemble du cycle : implantation régulière, nutrition adaptée, surveillance sanitaire et préservation de la récolte. Une hausse du rendement ne se résume ni à davantage de semences ni à davantage d’engrais.

Ce guide aide à préparer les décisions au champ. Les repères anciens sont datés et doivent être adaptés avec l’ICAT à la variété, à la zone, aux pluies et à l’état de la parcelle. Aucun rendement ni traitement universel n’est garanti.

1. Préparer la parcelle et choisir la semence

Choisissez une parcelle ensoleillée et bien drainée. Utilisez une semence identifiée, provenant d’un fournisseur agréé, avec un cycle compatible avec la saison. Le choix entre maïs blanc et jaune dépend aussi de l’usage et du débouché. Prévoyez une rotation comprenant une légumineuse lorsque le système de culture s’y prête.

Le guide ITRA de 2008 fournit des repères togolais : semer après l’installation régulière des pluies, en lignes espacées de 80 cm, avec un écartement entre poquets adapté au cycle variétal. Il indique une profondeur de 3 à 5 cm et un premier sarclage avec démariage vers 10 à 15 jours. Ces repères ne constituent pas un calendrier valable pour toutes les campagnes : confirmez la densité et la fenêtre de semis auprès du conseiller local. [1]

2. Nourrir la culture sans appliquer une recette unique

Établissez le plan de fertilisation à partir de l’historique de la parcelle, de sa fertilité, des apports organiques et du potentiel réaliste de la culture. Notez la formulation exacte des engrais et les quantités apportées.

À titre de référence historique, la recommandation ministérielle du 27 juillet 2022 mentionnait, pour le maïs, 200 kg/ha de NPK 15-15-15 à 10–15 jours après semis, puis 100 kg/ha d’urée à 30–45 jours. Elle prévoyait un placement à 5–10 cm du pied, sans contact avec le plant. Ne transposez pas automatiquement ces doses à votre champ en 2026 : faites confirmer les besoins et les conditions d’apport par l’ICAT. [2]

3. Distinguer maladie, insecte et plante parasite

Le diagnostic commande la réponse : une feuille trouée, une strie pâle ou un jaunissement ne justifient pas le même traitement. Photographiez la plante entière et les détails, puis notez la date, le stade et la répartition des symptômes.

Striure du maïs et maladies foliaires

La striure est une maladie virale ; l’helminthosporiose est une maladie fongique. Elles ne se confondent pas avec les dégâts de chenilles. La recherche cite notamment la striure, l’helminthosporiose du Nord et la cercosporiose parmi les maladies foliaires importantes en Afrique subsaharienne. [3]

Au Togo, les conseils ICAT rapportés en 2023 mettent l’accent sur les variétés résistantes ou tolérantes, les semis à temps et la rotation. Faites identifier les symptômes avant de choisir un éventuel produit ; un insecticide n’est pas un traitement fongicide. La présence de rouille ou de charbon exige également une confirmation technique. [4]

Striga : intervenir avant sa multiplication

Striga hermonthica est une plante parasite, pas un insecte. Les mesures locales comprennent les variétés tolérantes, l’association ou la rotation avec des légumineuses et l’arrachage du Striga avant floraison. Faites organiser la gestion des foyers avec le conseiller agricole. [4]

4. Chenille légionnaire : surveiller avant de traiter

Spodoptera frugiperda est un ravageur du maïs. La lutte intégrée combine observation, semis à temps, diversification et préservation des auxiliaires. Sur une petite surface, les masses d’œufs et les jeunes larves accessibles peuvent être retirées manuellement. [5]

Inspectez plusieurs zones, recherchez des larves vivantes et des dégâts récents et notez les plants touchés. Les trous anciens ne suffisent pas à décider d’une pulvérisation. Au Togo, le dispositif de pièges à phéromones présenté le 28 août 2026 sert à la détection et au suivi des populations, dans une démarche de lutte intégrée. [6]

Si une intervention est nécessaire, faites valider un produit actuellement homologué au Togo pour le maïs et l’usage concerné. Respectez strictement l’étiquette : dose, protection individuelle, délais de rentrée et avant récolte, gestion de la résistance et protection de l’eau et des auxiliaires. N’improvisez ni mélange ni calendrier de traitements.

Pour approfondir : reconnaître la chenille légionnaire et organiser la surveillance.

5. Préserver le grain après la récolte

Le rendement commercial dépend aussi des pertes après récolte. Séchez rapidement le grain, limitez les grains cassés et contrôlez régulièrement humidité, échauffement, odeurs, moisissures et insectes. Le repère d’humidité doit tenir compte de la température, de la durée de stockage et des exigences de l’acheteur ; vérifiez-le avec un humidimètre adapté. La FAO souligne que l’humidité, la chaleur et les dommages aux grains favorisent les moisissures. [7]

6. Mesurer ce qui améliore réellement la production

  1. Mesurez la surface et notez variété, date de semis et levée.
  2. Enregistrez sarclages, apports, observations et dépenses.
  3. Repérez les zones faibles avant d’accroître les intrants.
  4. Pesez la récolte avec une unité et une humidité comparables.
  5. Comparez le grain commercialisable, les pertes et la marge, pas seulement le nombre de sacs.

Préparez votre prochaine campagne avec des informations claires

Producteurs et coopératives : conservez vos observations et échangez avec un conseiller local. Fournisseurs et acheteurs : présentez clairement vos semences, équipements, services et lots de céréales.

Explorer le marché agricole ZARI

Sources et dates des repères

Article préparé le 16 octobre 2026. Les publications anciennes restent identifiées comme telles ; aucune homologation de pesticide ni disponibilité commerciale n’est déduite de ces documents.

  1. ITRA — Bien cultiver et conserver le maïs, février 2008, document diffusé par ICAT.
  2. Ministère togolais de l’Agriculture — recommandations d’engrais pour l’exercice 2022, 27 juillet 2022.
  3. CIMMYT — référence scientifique sur les résistances aux maladies foliaires, 2012.
  4. ATOP — entretien avec l’ICAT sur les maladies et ravageurs du maïs, 30 mars 2023.
  5. FAO — prévention et gestion intégrée de la chenille légionnaire d’automne.
  6. Ministère togolais de l’Agriculture / FSRP — surveillance par pièges à phéromones, 28 août 2026.
  7. FAO — prévention des moisissures et contrôle du maïs après récolte.