Djallonké et D’man : choisir les brebis et préparer l’engraissement
· ZARI AGRI

Les naissances multiples ont de la valeur lorsque les mères élèvent leurs petits et qu’un nombre suffisant atteint le sevrage puis la vente. Sélection, soins et coûts doivent être examinés ensemble.
Le Djallonké est élevé en Afrique de l’Ouest, notamment au Togo. Le D’man, associé aux palmeraies du sud marocain, est connu pour sa prolificité. Comparer les deux est utile en tenant compte de l’alimentation, du milieu et de la conduite. Les résultats d’une station expérimentale ne se reproduisent pas automatiquement dans toutes les fermes. [1] [3]
Djallonké : les jumeaux existent, les proportions varient
Une étude menée au Togo entre 1976 et 1978 a enregistré 382 agnelages : 43.98 % de doubles, 53.67 % de simples et 2.35 % de triples. Ce sont des résultats historiques pour la population étudiée, pas un taux fixe pour chaque brebis ni une statistique nationale actuelle. [1]
Une autre étude exploitant les données de Kolokopé de 1984–1994 rapporte environ 1.31 agneau par agnelage. Cet écart rappelle l’importance de demander les performances du troupeau proposé à la vente plutôt qu’un chiffre général sur la race. [2]
D’man : un potentiel à accompagner
Les chercheurs de l’INRA marocain décrivent une race locale d’oasis prolifique et pouvant être saillie à différentes périodes de l’année. Leur étude évoque de petits troupeaux en stabulation. [3] Cela justifie de comparer cette race, mais ne suffit pas à recommander son achat pour le Tchad sans évaluer adaptation, approvisionnement et coût des soins. Les sources utilisées ici n’établissent pas une large diffusion commerciale du D’man au Tchad.
Sélectionner une mère pour les agneaux qu’elle élève
Demandez nombre de mises bas, agneaux survivant au sevrage, état de la mamelle et santé générale. Les besoins nutritionnels augmentent en fin de gestation, particulièrement avec plusieurs fœtus. Adaptez la ration à l’état de la brebis et à la qualité des fourrages, au lieu d’ajouter des céréales sans évaluation. Une alimentation insuffisante peut affaiblir les nouveau-nés et réduire colostrum et lait. [4]
Après la naissance, vérifiez rapidement la prise de colostrum de chaque agneau. Demandez de l’aide si un petit est faible ou ne tète pas. La présence de jumeaux ne garantit pas que chacun reçoit des soins suffisants sans surveillance. [5]
Un calcul propre à l’engraissement
Pour engraisser, relevez poids et prix d’achat, aliment, soins, transport, poids et prix de vente. Ne payez pas davantage au seul motif qu’un agneau est né jumeau. Évaluez l’animal, son coût de croissance et sa valeur de vente attendue. Pour comparer des troupeaux de mères, calculez les agneaux sevrés par brebis et par an, puis la valeur nette après dépenses.
Commencez avec un effectif que vous pouvez suivre. Gardez les filles des mères qui réunissent reproduction satisfaisante et capacité à élever leurs petits dans vos conditions. Les relevés montreront si davantage de naissances améliore réellement la marge ou si l’alimentation et les soins doivent progresser d’abord.
À faire : choisir les reproductrices selon les agneaux sevrés, et les animaux à engraisser selon croissance et coûts.
Références
- Y. Amégée (1983) — La prolificité du mouton Djallonké en milieu villageois au Togo; observations 1976–1978
- Missohou, Bonfoh and Kadanga — Le mouton Djallonké à Kolokopé (Togo); observations 1984–1994
- Kerfal, Chikhi and Boulanouar, INRA (2005) — D’man reproduction and growth at Errachidia
- Penn State Extension — Monitor Body Condition Scoring and Nutrition throughout Pregnancy
- AHDB — Colostrum management for lambs
Conseils généraux à adapter à l’exploitation avec un spécialiste. Les exemples financiers sont fictifs et les chiffres historiques ne garantissent pas les performances actuelles.